07 décembre 2011

L'île aux trente cercueils

ile-couvile-couverture-brutscannL'île aux trente cercueils.

Librement adapté de l'œuvre de Maurice Leblanc.
Scénario de Marc Lizano.
Dessins de Marc Lizano.
Couleurs de Marc Lizano.
Soleil/Noctambule.
Décembre 2011.
Format 201x283mm.
96 pages quadri.
Couverture cartonnée
ISBN 978-2-3020-1854-9
Prix : 17,95€

Lire le dossier de presse ou un extrait sur le site de Soleil, sur le blog de Noctambule ou sur bdgest.

Planches originales en vente

Quatorze ans ont passé...
Véronique d’Hergemont, qui avait fui loin de son ex-mari – le monstrueux comte Vorski, est de retour en Bretagne sur l’île de Sarek : elle espère y retrouver son père et son fils, jadis disparus et déclarés morts...
Seulement voilà, une mystérieuse légende plane. L’île, cernée par trente écueils menaçants, serait l’île aux trente cercueils : trente victimes sont censées mourir, dont quatre femmes, en croix. Et la prophétie semble déjà enclenchée...
Mais que dissimule réellement cette prédiction
sanglante ? Véronique retrouvera-t-elle la chair de sa chair ? Et à quel prix ? Une histoire haletante qui mêle habilement humanisme, policier et fantastique.

ilecouvroman01Voilà des années que je rêvais d'adapter l'île aux trente cercueils qui m'a valu quelques suées, petit, quand j'ai vu les épisodes, alors que j'étais malade, fiévreux et que je n'avais de toute manière pas besoin de cela pour nourrir mes cauchemars enfantins.ilecouvroman02
Une rencontre avec la petite fille de Maurice Leblanc, quelques discussions avec Glénat et Delcourt avant de finalement signer ce livre sous forme de one-shot de près de 120 pages, avec le label Noctambule, dirigé par Clotilde Vu, pour les éditions Soleil. Voilà, pour patienter, ma page d'essai inclue au dossier de présentation, deux pages n&b et une page quadri qui donne le ton de ce que va être ce beau projet.

 

    Une suite de roughs qui se nourrira tout au long de la réalisation de cet album…

soleil_rough001soleil_rough002soleil_rough003soleil_rough004soleil_rough006soleil_rough007soleil_rough008soleil_rough009soleil_rough012soleil_rough013soleil_rough014soleil_rough015

    Une nouvelle petite série avec l'apparition des sœurs d'Archignat, moitié-bigottes, moitié-sorcières et un des strips qui va être rangé dans la catégorie des pertes et profits. à force d'aller un peu vers le dessin "réaliste", je frôle parfois la sortie de route… Véronique va enfin traverser le bras de mer et mettre pied sur la fameuse île…

soleil_rough016soleil_rough017soleil_rough018soleil_rough019soleil_rough020soleil_rough021soleil_rough022soleil_rough023soleil_rough024soleil_rough025soleil_rough026soleil_rough027soleil_rough028soleil_rough029soleil_rough030soleil_rough031soleil_rough032soleil_rough033soleil_rough034

Il y a aussi des petits passages où j'utilise une "astuce" que j'aimerai developper plus encore. Sur Suture, j'utilise ce procédé avec l'idée que je ferai une sorte de pièce de théâtre. En gros, un fond, un décors fixe et, après, je change les personnages au fur et à mesure…
soleil_rough35soleil_rough036soleil_rough037 

QUELQUES LIENS À PROPOS DE L'ÎLE

Pour les curieux, quelques liens, la page wikipédia sur la série tv, la version courte sur You Tube, avec un topic sur le blog des fans des années 80, une page consacré à Sarek, et l'adaptation cinéma (finalement abandonnée) de Fabrice du Welz en cours chez the film.

REVUE DE PRESSE

• ITW complète de Doc Flébus • Noctambule • ITW pour l'Express •

Pascal Ory pour Lire • L'express •

• Marc Lizano nous plonge avec habileté dans les eaux troubles de l'île aux trente cercueils, l'un des polars les plus réussis de Maurice Leblanc (…) Marc lizano s'amuse à nous remettre dans l'ambiance de la publication des différents épisodes de ce qui fut en son temps un roman-feuilleton tout en distillant astucieusement les ingrédients d'un suspense celté peuplé de dolmens, de calvaires et de vieilles bigottes à coiffe. le rythme est parfait. La mise en scène est léchée. Les paysages angoissants.(…) Frédérique Pelletier. DBD #59 • (…) Quatre femmes crucifiées, telle est la prédiction. Elle va en découvrir trois, la quatrième place lui étant réservée. Un mot sur Maurice Leblanc l’auteur d’Arsène Lupin (de qui) Boileau Narcejac (…) disait : Sous l’influence de Leblanc, c’est une certaine manière collective de rêver qui change. Un petit mot de Marc Lizano et de son très beau travail sur ce livre (…)Un graphisme unique, original, qui sait être tendre et sombre selon ce qu’il a envie d’exprimer. Superbe tout simplement. David Fournol sur Une autre histoire • La collection Noctambule s’enrichit de très belle manière avec cette adaptation très réussie ! Stéphane Giradot sur BDEncre.com • (…) Visuellement et conceptuellement parlant, Lizano fait ici un travail superbe. Traitées en deux couleurs (sépia et rouge), les planches ont une très belle force expressionniste qui donne une ambiance angoissante à souhait. (…) Quoiqu’il en soit, point d’Arsène Lupin dans cet album puisque Lizano a préféré se baser sur la série télé qui avait fait le même choix en se recentrant sur le personnage de Véronique d’Hergemont. Un choix de simplification bienvenu dans une intrigue à tiroirs qui multiplie rebondissements et personnages (…). J’avais été tenté de m’attaquer à un roman de ce type pour la collection Ex-Libris et je me rends compte à présent de la difficulté de la chose. Je tire donc mon chapeau à Lizano qui fait preuve de d’une inventivité rafraîchissante pour le coup. Li-an sur son blog, le 21 XII 2011 • FredGri sur Sceanario.com • Graphisme absolument superbe ! La parcimonie des couleurs est vraiment un atout sur cette BD qui recrée une atmosphère d'effroi absolu. Le dessin est quant à lui très beau moderne, direct. L'autre tigre. 25 décembre 2011 • Plienard sur Krinein 28 XII 2011 • Le dessin de Marc Lizano est âpre, sans compromis, et utilise seulement deux couleurs: le gris et le rouge. Il pourra rebuter certains, mais atteint le but visé: on ressort de cet album assourdi par le vent et glacé par le froid et l'humidité de cette île. Il s'agit d'un album exigeant, qui garde toujours une part de mystère une fois refermé. Et certaines pages ont eu pour moi l'intensité d'un cauchemar. Je le conseille donc, malgré sa fin bancale. Frolier sur BDTheque le 29 XII2011  Olivier Hervé sur planetebd • Chronique de Noukette sur son blog • (…) L’adaptation parue aujourd’hui chez Noctambule est justement empreinte de ces émotions rejaillies de la plus tendre enfance. La narration, les ambiances, les couleurs, plongent le lecteur dans un univers fantastique, particulièrement intrigant, labyrinthique. Thésée recherche le Minotaure. Véronique a un rendez-vous avec l’amour, mais elle devra d’abord sortir du dédale et affronter la mort. Un très beau livre, aux fissures amères et aux parfums d’Armor ! Bert pour Brest en Bulle. Janvier 2012

UNE ITW DE MARC LIZANO PAR DOC FLÉBUS À PROPOS DE LA SORTIE DE L'ÎLE AUX TRENTE CERCUEILS

Essai-Chapitre-021A l’occasion de la sortie de "L’île aux 30 cercueils" (Décembre 2011, Noctambule) qu’il a librement adapté du roman éponyme de Maurice Leblanc, Marc Lizano a accepté de répondre à mes questions ayant trait à son travail sur ce livre qui détonne un peu parmi sa bibliographie.

– Il y a longtemps que tu désirais adapter le roman de Maurice Leblanc qui t'avait impressionné lorsque tu en avais vu sa version TV à la fin des années 70 (tu avais 8/9 ans). Comment as-tu su que c'était le bon moment pour le faire ? Comment s'est produit la rencontre avec la petite-fille de Leblanc ? Comment le livre est-il arrivé à être édité dans la collection "Noctambule" et quel a été le rôle de la directrice de collection, Clotilde Vu ?

– Le bon moment ? Mis à part celui où tu montes ton dossier, c'est quand même finalement celui où un éditeur signe un contrat. Mais j'ai commencé quelques études sans être sûr de ce que je voulais en faire. J'ai cherché quelques pistes à la peinture, mais j'avais quand même en tête de ne pas être en mesure de le faire comme je le souhaitais. C'est un truc très diffus, d'avoir une envie en tête sans qu'elle soit identifiable. Et puis, j'ai fait une page d'essai pour mettre le dossier en route.

– Tu visais un public particulier en adaptant le livre ? Ou peut-être est-ce plutôt l'ambition de l'éditeur en publiant des adaptations de livres connus de faire venir à la BD des gens qui n'en lisent pas ou peu ?

– Pour l'essentiel, je ne visais personne. Pas un livre jeunesse, en tout cas. Je visais surtout à retrouver les émotions, les petites frayeurs que je me rappelle avoir eu quand je regardais les épisodes du téléfilm de 1979. Ou plutôt les cauchemars que je faisais après avoir vu les épisodes… L'éditrice ne cherche pas trop à faire des reader-digest, des versions "light" des romans à adapter. Je crois qu'elle cherche surtout, dans la collection Noctambule, à préserver le lien qu'un auteur a ou a eu avec une œuvre. Des discussions que j'ai eu avec elle, c'est vraiment ce qui ressortait, d'autant plus qu'elle n'a à priori pas d'objectif de production. Jusqu'à présent, il y a eu entre 2 et 4 livres par an autour de cette collection et je n'ai pas le sentiment qu'elle cherche à produire juste pour alimenter la machine. Vraiment, et je crois que ça se sent quand on voit les titres déjà parus, chaque livre a l'air d'avoir sa place… Maintenant, là, on pourrait croire que le projet a été pensé et monté avec Noctambule dès le début, ce qui est loin d'avoir été le cas. J'avais fait des essais (il doit me rester deux trois dessins) il y a une bonne quinzaine d'années. Puis, avant de monter le dossier, je suis aller voir la petite fille de Maurice Leblanc, son ayant-droit pour négocier l'adaptation dont j'avais eu le contact via une rédactrice de "Je bouquine", pour qui j'avais travaillé sur un Dracula et sur "Les Hauts de Hurlevents". Essai-Chapitre-003Cette rencontre c'était avec un éditeur de Glénat, Franck Marguin, et on se réjouissait déjà de faire la série ensemble sauf que notre enthousiasme n'a pas été partagé par le directeur d'alors (parti depuis fonder "12bis", je crois). Du coup, j'ai présenté le projet à Jean-David Morvan pour sa collection Ex-libris dans l'idée de faire une trilogie. Lui était visiblement enthousiaste, mais là encore, ça n'a pas été partagé par l'éditeur, Guy Delcourt, et l'idée de la trilogie est donc tombée à l'eau. Quand j'ai appris que Delcourt avait repris des part de Soleil pas longtemps avant la sortie de "L'île" chez Noctambule (c'est une sorte de label au sein de Soleil) ça m'a pas mal amusé. Il se trouve que, quand le dossier était chez Delcourt, en discussion, je l'avais aussi envoyé à Clotilde Vu qui montait la collection. Elle m'a dit être intéressée par le projet avant que je n'ai la réponse définitive de Jean-David. Avant d'avoir la réponse négative de Delcourt, l'idée que le livre rejoigne Noctambule me plaisait terriblement, principalement parce que Clotilde souhaitait travailler ses adaptations en one-shot.

ile-couv-rough01– Comment s'est déroulé le travail d'adaptation ?

– Concrètement, je suis parti d'une toute première version du scénario avec uniquement les bribes, les souvenirs que j'avais de la série. Ensuite, j'ai comparée cette version avec une sorte de résumé du livre que j'ai fait au long de mes livres (lectures ?) du roman. J'ai même, un temps, pensé à travailler avec un scénariste (Denis Leroux) avec qui j'avais publié "Robin de Sherwood" au moment de monter le dossier. Il avait commencé à noter des choses de son coté (que je n'ai pas vues) mais n'était pas spécialement emballé par le récit. Le fameux lien dont je parlais avant lui manquait. Je crois d'ailleurs que les feuilletonistes, ce sont des romanciers à lire quand on est enfant…

–Le livre est dense, des personnages ont été moins développés (que devient Stéphane, par exemple ?), comment as-tu privilégié telle scène plutôt qu'une autre ? Quelles ont été les étapes de l'adaptation?

– Sur la base de mes souvenirs dans un premier temps. Les scènes de mort, les meurtres et quelques images que j'avais en tête m'ont permis d'établir le squelette de mon récit. Mais les souvenirs avaient aussi occulté pas mal de choses fondamentales du roman. Il a fallu reprendre tout cela avec une idée centrale pour moi qui était de centrer le récit autour de la relation entre Véronique d'Hergemont et son fils. C'est le souvenir de son enfant qui la tient tout au long du livre et, pour moi, clairement, la seule histoire d'amour du roman est là, entre Véronique et François. Pour info, je voulais un temps que Stéphane s'écrase sur les rochers. Mon éditrice m'a suggéré de lui laisser une chance dans le livre…

– Il est vrai qu'il y a des images choc. Ce que subissent les soeurs d'Archignat par exemple. Ce roman doit être le plus noir de Leblanc (si je puis dire). Ça a dû te changer des livres plus intimistes ou plus destinés à la jeunesse que tu as faits.

– C'était très amusant de passer à des scènes de tendresse avec des petits à ces scènes de crucifixions. Ceci dit, dans les récits intimistes, je prépare quelques histoires pas très funkys en ce moment… C'est juste en écriture. Et, si on y regarde bien, "La petite famille" parle du deuil, "L'enfant cachée" de la Shoah, mais c'est, il est vrai, traité avec beaucoup de délicatesse dans l'écriture de Loïc Dauvillier.

– Un découpage et des dialogues finalisés dès le départ ?

– Non, le livre était trop long à réaliser pour que je sache dès le début ce que j'allais dessiner au 5ème ou au 6ème chapitre… Sur un récit d'une telle ampleur, c'était important de me laisser des zones où je ne savais pas trop ce qui allait se passer. Je dis ça mais le canevas était quand même carrément posé du début à la fin du livre, même s'il y a eu quelques aménagements postérieurs.

– Certaines images (le pont de bois sur lequel passe et repasse Véronique, le piège dans lequel se trouve Stéphane) rappellent un peu celles du feuilleton TV. essai01C'est voulu, inconscient ? Justement, comment ne pas être influencé par des images déjà existantes, même si le média n'est pas le même ?

– C'est très voulu mais, en même temps, je n'adaptais pas le feuilleton non plus. Par exemple, je n'ai pas fait brûler le pont. Et, comme tu le dis, le média n'est pas le même, on peut faire confiance au dessin pour emmener le lecteur ailleurs. Quant à savoir si j'ai réussi à l'emmener là où je souhaitais qu'il aille, je ne sais pas, mais j'aime bien penser que oui : )

– Le feuilleton télé avait pris la même option mais en attribuant le rôle du sauveur à Stéphane si je me souviens bien. Dans ton adaptation, il n'y a plus de héros venu secourir "la veuve et l'orphelin". Si Vorski tombe, c'est à cause de sa folie.

– Oui, en psychanalyse, on dirait que Vorski est une sorte de pervers narcissique et qu'il va s'autodétruire. J'ai hésité, à la fin du récit, à ce que Véronique ou François tuent eux même Vorski. D'une part, je trouvais ça assez "cliché" et, surtout, ça me semblait dans la logique de son comportement mortifère d'aller au bout de sa pulsion de mort.

– Tu as opté pour une adaptation façon feuilleton, découpée en chapitres (avec accroches à la fin), des pages didactiques, des couleurs passées. Tout concourt pour donner cette impression d'avoir entre les mains un livre ancien. Pourquoi avoir opté pour ce choix ?

– Par exemple, je n'aurais jamais fait une fausse couv abîmée par les outrages du temps, comme on peut le voir dans les livres qui reprennent les codes des pulps au second degré. J'aime bien l'idée sauf que, justement, je ne faisais pas une adaptation second degré. Vraiment pas. C'est plutôt ce qu'on appelle un truc postmoderne dans l'imagerie. Mais en aucun cas du second degré, ce qui laisserait à penser que je serais plus fin que ça. Il y a un peu de ça dans le second degré, cette sorte d'idée qu'on est plus malin que le truc qu'on dit aimé. Or, moi, je suis assez couillon dans mon amour de ce genre de récit : ça me plaît vraiment, simplement et très directement. J'ai fait des essais avec les couleurs pour leur donner un aspect gravure sur bois comme on en trouve chez Henry Rivière ou avec un aspect gratté, abîmé comme en lithographie. On a même fait imprimer une page mais les effets que j'ai fait alors laissait à croire que c'était juste mal imprimé. On a donc garder cet aspect proche de la sérigraphie avec peu de base couleurs et ma chance a été que le papier mat et l'impression (l'odeur de l'encre ou de la colle à relier) conforte cela. D'autant qu'on ne voit quasiment pas la trame de la quadri. J'avais aussi un peu peur que la teinte que j'avais choisie, une teinte taupe qui frôle le kaki, ne sorte trop grisé ou trop terne, ou trop proche d'un vert de gris. Tout ça pour dire que j'ai été gâté par la fabrication du livre, je trouve. Curieusement, il y a même des gens (dans les articles ou les chroniques du livre) qui semblent penser que le livre est en noir et blanc.

– En ce qui concerne le second degré, puisque tu réfutes cette intention, je suis d'accord avec toi en ce qui concerne l'adaptation. Parce que si le récit est à lire au premier degré, ce qui, je pense, devait être le but des feuilletonistes en donnant aux lecteurs des sensations, quelles qu'elles soient, plus qu'à réfléchir, la présentation rappelle celle des feuilletons du XIXe-début XXe paraissant en fascicules (le livre pourrait en être un recueil). Que ce soit par la couleur ou les pages genre "Le saviez-vous ?". On ressent un petit plaisir différent, plus intellectuel, de ce que l'on peut lire dans les pages du récit proprement dit.

– Oui, ce n'est pas premier degré comme l'étaient les textes des feuilletonistes, mais c'est encore moins du second degré si on l'entend comme une blague potache. Sur un forum, quelqu'un parlait de méta-fiction ou d'hommage et, du coup, ça en fait un truc plus intellectualisé que les récits premiers qui sortaient dans les journaux, c'est très vrai.

essai-page13P13coul– Tu as fait un énorme travail sur ton dessin. Certains personnages semblent taillés dans le même granit que l'île.

– C'est vrai que c'est peut-être un dessin moins naturel chez moi. Ce qui est sûr, c'est qu'il m'a effectivement demander beaucoup plus de travail. Si tu ajoutes en plus le fait que j'ai réalisé les planches en format A2 (grosso modo, 40x60 cm) c'est même à se demander si je ne cherchais pas les ennuis…
Ça a été pour moi un travail énorme. Mais le récit qu'était celui de "L'île aux trente cercueils" demandait cela je crois.

– Ce style plus rugueux, un peu éloigné de celui de "La petite famille", t'est-il venu naturellement ?

– Non, pas vraiment. J'ai fait des petits essais à la peinture, une page d'essai (celle de mon dossier d'ailleurs elle aussi à la plume, en grand format mais avec une mise en couleurs plus vives et réellement quadri.

essai-page14P14coul– As-tu travaillé avec des outils (plumes) différents ?

– Non, crayonnés sur du papier machine en format A3, strips après strips, puis encrage à la table lumineuse sur du Canson Ingres Vidalon avec de l'encre Rohrer Klingner à la plume, avec des porte-plumes d'écoliers et des vieilles plumes Baignol et Farjeon 803 dont j'ai constitué un stock sur les vides greniers et sur Internet. Plus les retouches et les couleurs sur mon ordi ensuite. 

– Penses-tu reprendre ce style plus réaliste pour d'autres projets ?

– En fait oui. Mais pas tout de suite sur un projet de cet ampleur. Sans doute pour des albums plus courts. J'aimerais le faire sur une courte série. En même temps, ça ne dépend pas que de moi. Je dis ça et si je trouve un projet qui me plaise et un éditeur qui propose le même genre de projet, ça peut se faire…

essai-page18c-rebut–  Tu as travaillé sur un très grand format (A2). Qu'est-ce que t'a apporté ce format ? N'est-on pas tenté, lorsque l'on dispose d'un espace aussi grand de mettre des détails qui seront finalement invisibles ou écrasés à l'impression ?

rebut-def– Non, ça amène juste un peu de finesse dans mon encrage qui est assez brut. Ça m'a permis, je crois de garder de la vie alors que j'aurais été tenté de trop fignoler en plus petit format. Ceci dit, travailler à ce format, ce n'est définitivement pas raisonnable…

 – Une expo des planches originales en noir et blanc grandeur nature serait d'ailleurs intéressante.

Marc - Il y en a une préparée et montée par "Brest en bulles" dans une vieille maison de Loperhet pour leur édition 2012. ile-thelastoneOn a fait en sorte de montrer pas mal de choses (roughs, crayonnés, planches encrées, couverture, études…). 

– Comment s'est fait la mise au propre des planches ? De façon linéaire respectant l'ordre définitif des planches ?

– Oui, à quelques exceptions près… et quelques retouches ensuite sur quelques cases…

– Au début, il me semble qu'il était question de faire la colorisation en quadrichromie. Comment t'est venue l'idée de faire cette sorte de bichromie (je ne sais pas trop quel nom donner à cette mise en couleur :-) ) qui ressemble aux images bicolores des magazines anciens (tu as parlé de couleurs se rapprochant de la sérigraphie) : une dominante sépia auquel s'ajoute une autre couleur : du bleu au début, souvent du rouge (sang) ?

– Faire des couleurs en quadrichromie, ça donne une sorte de souci naturaliste qui collait mal avec l'ambiance que je cherchais à faire ressortir. Au début, j'ai quelques essais en quadri, de manière assez classique mais il en émanait quelque chose qui ne correspondait pas à ce que je cherchais à faire passer. On a donc fait plusieurs essais pour tenter la bichro (ou presque parce que c'est finalement une quadri avec une gamme très limitée). essai-page-dossierJe pensais faire un choix de teintes différents à chaque chapitre mais, outre le fait que ça avait déjà été fait dans "A bord de l'étoile Matutine", l'adaptation de Riff Rebs du roman de Mac Orlan, ça ne rendait pas l'ambiance que je cherchais. Clotilde Vu a même demandé a des coloristes de proposer des solutions… Parfois, c'est très analytique, très pensées ces choses-là. Mais souvent, l'empirique, c'est le mieux pour le dessin. Tu fais et tu vois ce que ça donne et tu t'approches au mieux de ce que tu cherches à faire passer. Au final, on a trouvé cette solution de garder les tours de cases, les bulles et la typo en noir, le trait dans une teinte sang de bœuf assez foncée et deux teintes de vert grisé (une claire, une foncée) pour l'essentiel du récit sauf les flash-backs qui passent dans une teinte grisée avec le trait en bleu très foncé. Bien sûr, quelques traits ont été pensés avec les teintes plutôt que le sang de bœuf parce que ça permettait de marquer la profondeur ou l'horizon et il y a aussi quelques éclats ou aplats de rouge de temps à autre, surtout quand la mort venait à frapper…

– J'ai lu récemment "Les ignorants" d'Etienne Davodeau (Futuropolis) que je recommande, en passant, à ceux qui aiment le vin et la BD. Le thème central en est la création et Davodeau relate une journée passée à l'imprimerie afin de mettre au point les couleurs d'un album. As-tu toi aussi rencontré l'imprimeur ?

Essai-Chapitre-043– Non, pas celui de ce livre, même si je sais bien, avec gargantua, comment cela se passe… L'imprimeur avait une base validée sur laquelle s'appuyer et, si c'était frustrant de ne pas être sur place, je dois dire qu'ils ont travaillé au plus près de ce que j'espérais.

– La réalisation de l'album a duré plus longtemps que prévu.

– On peut même dire que j'ai foutrement été en retard, oui.

– Il n'y a pas de lassitude qui s'installe, des périodes de doute ?

– Non, en ce qui concerne ce livre. Mais j'ai passé une sale période après avoir travaillé chez un éditeur qui a plutôt malmené les livres que j'ai faits chez lui et aussi malmené et balladé leurs auteurs. J'en reparlerai à l'occasion car un procès est en cours grâce au soutien sans faille du syndicat des auteurs (le SNAC). Mais, clairement, j'ai pensé tout simplement arrêter ce métier. Soit parce que je ne suis peut-être pas armé pour travailler ainsi, soit parce que la manière dont l'édition fonctionne largement aujourd'hui ne permet peut-être plus de travailler sereinement.

ile-affiche-trobreizh– Qu'est-ce que ça apporte de travailler pour de "grosses" maisons d'édition ?

– Ça dépend complètement des structures et des personnes. Là, j'ai travaillé dans de meilleures conditions que chez les petits éditeurs avec qui j'avais pu travailler (même si les forfaits ont amené un prix à la page bien plus bas qu'il y a 20 ans).

– Plus de pub faite au livre à la parution, un emplacement privilégié dans les vitrines ou les étals, un suivi assuré après la parution ?

– Oui, quelques tournées de dédicaces, sans doute plus de presse aussi. En tout cas, pour mon cas, la presse a plutôt chouette.

– Mais, le livre n'est-il pas aussi noyé dans la masse de ceux de l'éditeur ?

Essai-Chapitre-073– Oui, même si le label Noctambule est quand même très raisonnable de ce coté-là. Les livres sont de toute manière surtout noyés dans la surproduction actuelle, où qu'ils soient.

– De plus, à l'allure où vont les parutions, son actualité n'est-elle pas plus réduite chez un gros éditeur que chez un petit ?

– Alors, ça dépend de son accueil et aussi, ensuite, de ses ventes. Si ça décolle, l'éditeur va porter le livre. Sinon, il travaillera sur les suivants qui déboullent parfois à un rythme assez dément je trouve.

– Avant d'avoir lu l'album, connaissant le livre de Leblanc, je me suis dit "Encore un sujet concernant la famille" (tu le signales d'ailleurs dans ton livre). Tu as réalisé avec Loïc Dauvillier "La petite famille" et dernièrement "L'enfant cachée", tu as travaillé pour la presse familiale et scolaire, tu as illustré des livres pour enfants. C'est important la famille pour toi ? Pourquoi occupe-t-elle cette place si importante dans ton travail ?

– Pour "L'île", l'idée même de la famille est quand même un peu explosée. C'est plutôt l'idée de l'enfance qui revient. L'idée bateau qu'on ne guérit jamais vraiment de son enfance ou que l'essentiel de ce que nous sommes peut venir de là. Moi, j'y puise en tout cas pas mal de choses. Et puis, dans mon travail j'aime surtout l'idée de mettre en place des livres que je pourrais qualifier d'humaniste dans l'idéal, intimiste en tout cas dans ma façon de les aborder…

– Tu as mis de côté tes travaux annexes, sources de revenus, pour réaliser cet album. De quoi vit un auteur durant une période comme celle durant laquelle tu as travaillé sur "L'île" ?

– Je vis assez modestement mais je n'ai pas trop le choix en fait. Je travaille plutôt beaucoup mais je ne sais si c'est lié à mon travail ou à la situation, ça reste quand même difficile comme métier. Et le fait qu'il soit si précaire n'arrange pas grand chose. On verra si les deux livres sortis coup sur coup fin 2011, "L'île aux 30 cercueils", chez Noctambule, et début 2012, "L'enfant cachée", au Lombard, changeront quelque chose à mon travail. Ou au regard des éditeurs sur mes livres. Le retour de presse a été plutôt très bon mais c'est encore tôt pour savoir si les ventes sont au rendez-vous, et je crois que ça compte finalement pas mal du coté des éditeurs. De ce que je vois, en ce moment, on est pas mal d'auteurs à avoir l'impression de presque recommencer à zéro à chaque livre fini…

– Mais, justement, n'est-ce pas le propre du créateur d'être confronté à ce "retour à zéro" à chaque fois qu'il présente une oeuvre nouvelle ?

– En partie, on pourrait aussi imaginer mettre en place un travail au long court, chaque livre répondant aux précédents, chaque livre étant parfois une graine pour les autres à venir. Là, les livres disparaissent assez vite… La remise en question, elle est là de toute manière, quelle que soit la situation. En ce moment, je dirais que la situation n'est pas tendre.

ile-couv-essai01-copie– Es-tu content de l'album terminé ? Ressemble-t-il à celui que tu avais imaginé ? Y-a-t-il des choses que tu n'as pas pu faire ou y mettre (contraintes liées au format, par exemple) ?

ile-couv-essai03– Ben, en fait, il est même au-delà que ce que je pensais faire avec ce projet. J'ai tellement désiré ce livre que ça a été assez bizarre de le voir fini. Mais je le trouve beau, qu'il sent bon (vraiment) avec une vraie belle finition. Curieusement, même si on me dit qu'il aurait gagner à être un chouilla plus grand, moi, je n'ai pas grand chose à redire… Ça me semble vraiment très proche de l'idée que j'en avais, assez proche de ce que je pouvais rêver faire avec ce livre. Vraiment. Et puis, il y a aussi que je suis super heureux d'être à coté des bouquins de Riff Rebs et de celui de Cromwell. C'est un peu couillon comme sentiment mais c'est pas vrai…

– Lorsque tu as commencé à travailler sur "L'île", il était question que tu adaptes d'autres récits de M. Leblanc pour d'autres dessinateurs. A l'époque, la petite-fille de Leblanc t'avait donné la possibilité de le faire. Qu'en est-il aujourd'hui de ce projet alors que l'oeuvre de Leblanc est tombée dans le domaine public en début d'année et qu'il risque d'y avoir de la concurrence pour l'adapter en BD ?

Essai-Chapitre-083– Je ne sais pas s'il y a des choses en route mais j'ai quelques envies de faire du Lupin pour les enfants. On a commencer à bosser là-dessus (je ne serai pas tout seul) mais c'est encore trop tôt pour en parler ou pour même envisager savoir si ça va se faire… J'aimerais bien faire quelque chose de très espiègle avec Lupin, pas le Lupin arrogant et un peu m'as-tu-vu qui m'agace pas mal chez lui…

– Durant la réalisation de cet album, tu as trouvé le temps de dessiner "L'enfant cachée" -dont tu as parlé un peu plus haut et dont le scénario est de Loïc Dauvillier)- et surtout de créer avec Joël Legars une maison d'édition, Gargantua. Ça fait beaucoup. Comment on gère tout ça ? Pourquoi avoir créé cette maison d'édition ?

– Ça a été compliqué à la fois de jongler avec les deux projets. C'était beaucoup de travail mais, en même temps, chacun des deux projets a beaucoup apporté à l'autre. Pour mon dessin, c'était très important. Pour les délais, ça a été un autre problème, tu t'en doutes … Pour ce qui est de Gargantua, on est dans une autre logique, je n'y suis pas seul et c'était une envie plus que présente depuis que je fais ce métier. Le faire avec Joël Legars, nos femmes, c'est très vivifiant. Ça demande pas mal de travail mais, parfois, je me dis aussi que Joël m'a poussé dans cette aventure au moment ou je me demandais comment continuer à travailler dans l'édition, qui est loin d'être un milieu tendre. Avoir cette petite maison d'édition, c'est plus qu'une cours de récréation (c'était le cas quand je faisais du fanzine avec "Oh, la vache !", "Hybrid comix" ou "La fédération française de comix") là, il y a aussi ce plaisir de publier des auteurs qu'on aime (Comme jean-Christophe Mazurie ou Thibault Poursin…) et de faire des projets dont on rêve même si ça semble improbable (comme les nouvelles illustrées qu'on a produites. Quand on pense qu'on va publier "La légende de St Julien l'Hospitalier" de Flaubert, illustrée par Follet ou "Le chef d'œuvre inconnu" de Balzac, avec des illustrations de Götting !)

– Quels sont les retours que tu as de la part des lecteurs, de la part de l'éditeur ?

– L'éditrice m'a dit tout son bonheur à le voir fini et je crois qu'elle en est simplement heureuse. Je crois qu'on a fait un très beau livre, même si ça semble peu modeste de dire ça. Moi, je suis fier de ce bouquin, tout bonnement content. Si par éditeur, tu penses à Mourad ou à Guy Delcourt puisqu'il a repris la direction de Soleil entre temps, je n'en sais rien. J'ai juste croisé Mourad dans les bureaux à Paris au début et Guy à Angoulême.

– Quels sont tes projets à venir ?

– J'ai en tête une adaptation jeunesse de Lupin, quelques récits intimistes pour des one-shots, un peu dans l'esprit de "Bluette-sur-Mer" ou de "Ventricule" mais pour certains avec un fond plus lourd ou plus adulte, je ne sais comment le dire. Et puis, quelques envies de travailler avec des auteurs avec lesquels je discute… Tout ça, c'est une autre histoire…

– Je n'en suis pas sûr (dis-moi si je me trompe), j'ai reparcouru le livre, mais je ne crois pas que tu donnes la raison du nom de "30 cercueils" que porte l'île. A ce sujet, faut-il avoir lu le livre de Leblanc pour saisir toute cette histoire un peu compliquée ? Tu as eu des remarques là-dessus ?

– Oui, il y a pourtant un entrefilet sur une tête de chapitre là dessus. ile-couverture-brutscannOn évoque l'idée de la proximité avec le mot sarcophage, et puis l'île a presque la forme de Sark, la petite île anglo-normande qui est à côté de Jersey et de Guernesey. En même temps, dans le roman, elle semble être située dans l'archipel des Glénans. Et, pour info, le feuilleton télé avait été tourné en partie sur L'île aux Moines, dans le golfe du Morbihan. Bon, à dire vrai Sarek, c'est une île qui n'existe pas. Uniquement dans le roman de Maurice Leblanc, en tout cas.

– Ce que je voulais dire c'était que le nom de "30 cercueils" donné à l'île était dû aux 30 écueils qui l'entourent et que le mot "écueil" serait devenu, par glissement homophonique, "cercueil".

– Oui, j'avais oublié cette explication. C'est aussi une des pistes données par Leblanc… "L'île aux trente cercueils", ça claque quand même vraiment bien comme titre : )

– Oui. Merci, Marc.


Posté par lizano à 16:30 - - Commentaires [30] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Commentaires sur L'île aux trente cercueils

du...

du beau travail marc.

Posté par did, 27 septembre 2007 à 14:42
l'attente sera longue...

Magnifiques dessins; excellente idée de montrer l'évolution de la planche, du brouillon à l'encrage.C'est là que l'on se rend compte, pour le lecteur que je suis, du travail fourni par les artistes pour nous apporter des sensations fortes.Marc, tu m'épates à chaque fois!Un fan.

Posté par David, 29 septembre 2007 à 18:09
encore...

encore du beau travail.

Posté par did, 31 mars 2008 à 19:56

Me tarde de la lire ! il y a une date précise de sortie déjà fixée ou pas encore ?

Posté par CatMalou, 26 août 2008 à 14:33

moi aussi : )
la date c'est en mars 2009 mais je ne parierai ma tête là dessus que quand j'aurai passé les 80 pages…
mais c'est sûr, je fais tout pour, tellement je suis heureux de le faire et impatient de le voir en librairie celui là…

Posté par marc lizano, 26 août 2008 à 15:21
4

Quatre femmes, quatre croix, quatre femmes en croix! Quatre femmes, quatre croix, quatre femmes en croix! Quatre femmes, quatre croix, quatre femmes en croix!Quatre femmes, quatre croix, quatre femmes en croix!

Posté par vincent, 26 août 2008 à 19:18

la pierre Dieu ! et la Pierre Dieu alors, celle qui donne mort ou vie …

Posté par marc lizano, 26 août 2008 à 19:46

Caïn!!! caïn!!! tu es Caïn!!! ohlala!!!

Posté par vincent, 27 août 2008 à 11:44
N&B

Salut Marc.
Tu en es à combien de planches ?
Tu étais obligé de faire de la couleur ? Personnellement, je préfère ce que tu nous montres à voir en noir et blanc.
Ou même cette planche en quadri tirant sur le rouge.
Bonne continuation.
f.

Posté par flebus, 21 janvier 2009 à 14:18

bonjour Fabrice, j'arrive à ma trentaine de planches rendues avec les couleurs mais à la moitié si je compte les pages + ou - en cours de finition.
ça avance mieux depuis que j'ai caler certaines choses. Entre autre les couleurs que je ne suis pas obligé de faire : ) mais nous avons, avec mon éditrice, cherché cette voie, à base de teintes qui nous plaît beaucoup.
j'aimerai pouvoir finir le livre cet été, ce serait bien.
je remettrai quelques extraits sur cette note mais j'hésite toujours entre l'envie d'en montrer beaucoup et celle d'atiser le désir : )
à tout bientôt
marc

Posté par marc lizano, 02 février 2009 à 15:55

Pour les extraits, tu pourrais peut-être mettre de jolies cases -je sais, déconnectées des planches, ce n'est plus tout à fait un ensemble-, ainsi tu pourrais montrer ce que tu fais sans déflorer le sujet.
Ou alors, fais une bande-annonce...

f.

Posté par flebus, 05 février 2009 à 10:10

salut Flébus, oui, j'y pense, j'y pense. J'ai mis un bon moment pour caler mes couleurs et la technique que j'emploie me prend un temps de malade : ) avec quasiment une planche que je dessine en double pour cale les volumes et les zones de teintes. je crois que je mettrai içi les premières pages de chaque chapitres dans sa version finale et des bout, des extraits de crayonnés, d'encrage pour voir les petits trucs qu'on ne voit plus à la lecture…
la bande-annonce, je crois que c'est noctambules qui s'en chargera, ils font du beau travail sur leurs autres collections et ce que j'ai vu des premiers livres de la collection ben… miam…

Posté par marc lizano, 05 février 2009 à 10:56
Photoshop ?

Bonjour Marc,

Je suppose que tu utilises Photoshop pour faire tes couleurs. Même en utilisant ses possibilités (calques, modifications des couleurs dans une portion de dessin...), tu es obligé de redessiner chaque planche ?
Il existe de nombreux plugins qui rendent le travail plus facile. Mais, je suppose que tu le sais.

Bon courage.

f.

Posté par flebus, 09 février 2009 à 11:22

oui, je redessine chaque planche pour faire les zones de couleurs, les traits d'ombres tout ça… ça prend du temps, c'est vrai mais je crois que ça vaut le coup. Je laisse d'ailleurs parfois des débords, des petits accidents de calages mais c'est du au fait que je travaille un peu à l'ancienne. ça fait partie du charme du truc je crois : )
et puis, même si on me donnais une recette pour faciliter le travail, vu que c'est trop avancer pour tout reprendre, je crois que je vais assumer tout ça jusqu'à la fin : )

Posté par marc L, 09 février 2009 à 11:39
Extraits

Bonjour Marc,

Merci pour les planches que tu as ajoutées dans cette note. Je les regarde de loin (j'ai peur den apprendre tôt, comme je te l'ai dit, j'ai un vague souvenir du feuilleton et aucun de l'intrigue), mais question dessins, tu te surpasses.
Bravo pour la page d'annonce "à l'ancienne" : on se croirait lire "Le petit journal"...

(s) flebrice... flabrus... feblice...
f.

(à naviguer entre pseudo et prénom réel, je ne vais plus savoir qui je suis

Posté par flebus, 14 février 2009 à 10:20
de rien

bon, de toute manière, l'intrigue reste la même à la base, mais comme c'est une adaptation libre, elle sera différente de la version tv qui était différente du roman, comme sera, si j'ai bien compris, différente la version cinéma en préparation. On va se retrouvé avec 4 version (dont une originale) de la même histoire.
Je ne sais pas si je me surpasse mais je sais que mon éditrice m'a amené à aller vers ce qui nous semble le mieux pour ce récit et je m'efforce de faire de mon mieux et de tenir le niveau tout du long.
Pour ce qui est de ce que je montrerai, c'est vrai qu'il y a un risque de spoiler mais je vais juste montrer le début de chaque chapitre et quelques extraits d'encrage, de mise en couleurs… bref, un peu de cuisine interne…

Posté par marc, 14 février 2009 à 10:54
wikipedia

Avant que tu ne signales le lien sur le roman sur wikipedia., j'y étais allé faire un tour. J'ai juste jeté un coup d'oeil et bien m'en a pris. Si d'autres admirateurs du travail de Marc qui ne connaissent pas l'intrigue vont sur ce site qu'ils n'en lisent pas trop : en survolant l'article, j'ai vu qu'elle y était dévoilée. Ce serait quand même dommage.

Sinon, tes dessins sont vraiment lèchés et le partie pris en matière de coloration des planches devrait bien convenir au contenu du livre.

f.

Posté par flebus, 14 février 2009 à 13:38

ça fait longtemps que je n'avais pas vu l'avancement des pages, ça va être classe!
Et encore plus de te voir dessiner les prochaines à l'atelier!

Posté par MtheM, 17 février 2009 à 11:25
Matthieu

Ah, Matthieu, comme je t'envie de pouvoir découvrir de plus près et de voir se réaliser les planches de Marc...

Posté par flebus, 17 février 2009 à 20:42
Marc

Quand je te disais que tu te surpasses, c'est évidemment par rapport à ce que tu as pu faire précédemment. Tu en es conscient, je n'en doute même pas.
J'ai lu hier "Les Robins Goodfellows" (*) qui date d'une dizaine d'années. Que de chemin parcouru depuis... même si ton dessin est reconnaissable, bien sûr.
Les planches de "L'île..." sont d'une précision, d'une minutie...
Dire qu'il va falloir attendre encore un an... sous réserve.

Euh... c'est quoi l'atelier dont parle Matthieu ?

Bon courage et à une prochaine fois.

fab

(*) Sfar et Trondheim ne t'ont pas encore proposé de faire un "Donjon Monsters" ?

Posté par flebus, 17 février 2009 à 20:57

j'ai pas envie que vous regardiez par dessus mon épaule
mais l'atelier, ça va être bien sympa de pouvoir se retrouver pour travailler ailleurs qu'à la maison. ça me manque ça…
pour revenir à l'île, oui, ça prend du temps, d'autant plus qu'il y a quand même 120 pages (au format A2). je crois que la minutie et la précision, en plus d'être plus réaliste qu'à l'habitude chez moi,vient du fait que je travaille très grand. les originaux sont super grands…
L'atelier, c'est donc un atelier collectif que nous allons rejoindre avec mathieu et aussi françois ravard courant avril. Avec des gens qui font du dessin-animé, des installations…
et, en ce qui concerne Donjon, non, ils ne m'ont pas proposé d'en faire un mais je ne les vois pas souvent, je ne me suis pas proposé non plus et je crois qu'ils ont assez de postulants de talent pour finir la série : ) Ceci dit, ça me tenterait pas mal. il sfaudra que je leur fasse des essais, ne serait-ce que pour m'amuser un peu…

Posté par marc, 18 février 2009 à 09:19

120 pages !!!!
Ouaaaah cela va être superbe !
Courage !
A St Brieuc sous le soleil )

Posté par capitainekid, 15 mai 2009 à 14:24
Bonjour

J'aimerais devenir dessinateur de BD parce que j'ai me bien la BD. Merci de me donner environ 3 564 conseils utiles pour bien démarrer, tiens et pendant que j'y suis, merci de m'envoyer tes originaux pour que je puisse m'en inspirer ainsi que des idées de scénarios, parce que bon il se trouve que je n'ai pas d'idées et que je ne dessine pas très bien.

Merci de ta reponse dans la matinée.

Posté par leuchieur, 28 mai 2009 à 11:14
Cher Marc

ça promet d'être un bien beau livre cher ami, vraiment.
enfin a mon humble avis.

bien à toi

Thierry

Posté par Thierry Martin, 07 octobre 2009 à 08:27
J'suis couillon ?

Il n'est toujours pas sorti cet album où j'ai rêvé ? Lisez Arsène Lupin, bande de moules ! pas seulement les séries télé (moi je vais finir par adapter Les Dents du Tigre si ça continue).

Posté par Li-An, 05 octobre 2010 à 14:30
Juste fini à l'instant !

Je viens de dévorer ce magnifique album et vraiment quel cadeau pour cette fin d'année, en plus je trouve les "interludes" très bien vues. Une superbe adaptation.
Merci à vous pour cet agréable lecture !

Posté par FredGri, 18 décembre 2011 à 15:44
Soirée venteuse sur Sarek

Pfffuiii... sous mon sapin, L'île aux trente cercueils, papa Noël fait vraiment bien les choses. Bon, il faut dire que j'avais fait un peu de bourrage de crâne, en obligeant ma famille à regarder les 5heures de Claude Jade il y a un mois.
Inutile de dire que je me suis jetée sur votre BD dés hier soir. Le dessin est vraiment génial, félicitation. Amatrice d'Arsène Lupin on peut dire que vous avez bien choisi votre moment pour sortir cette BD.
Merci de ce beau moment de frisson sur l'île de Sarek que vous m'avez fait passer en cette soirée de Noël.

(Dans la bio de Maurice ne serait-ce pas une fabrique de cardes et non de cadres dans laquelle notre cher écrivain c'est fait embaucher ? Simple questionnement )

Posté par Lily Tigre, 25 décembre 2011 à 15:15
Chapeau bas !

Félicitations pour ce très bel album, Marc !
Le graphisme, les tons utilisés, les fins de chapitre (très feuilletonesques !)... tout est superbe !
Tu as réalisé un rêve... quel est le prochain ?...

Posté par manu cassier, 11 février 2012 à 21:40
Merci !

Merci de m'avoir inclus dans votre "revue de presse" ! Je suis très flattée.

A bientôt !

Posté par Lily Tigre, 12 février 2012 à 14:02

Merci pour les petits messages : )
Oui, je crois que c'était une fabrique de cardes et l'éditrices à corriger pensant à une fautes en fabriques de cadres…
Sinon, les prochains rêves ? il y a un projet pour enfant, sous forme de série avec trois autres personnes dont je parlerai le moment venu, s'il arrive… et quelques projets intimistes en écritures. Mais ça dépend quand même pas mal des éditeurs tout ça…

Posté par Marc Lizano, 16 février 2012 à 17:38
Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=327570&pid=5654281

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :